DEVENEZ PARTENAIRE
Vous êtes le 0ème visiteur.

Les news de l'équipe



| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 |     Suivant
Page 1

Team Globe Trailers
28.01.2016

Lefebvre Thibaut

Je suis heureux d'intégrer le Team Globe Trailer, créé cette année par Antoine Guillon et Christophe Le Saux. Je serai l'un des ambassadeurs sur la Réunion pour partager les émotions et l'esprit de cette future grande famille!
Rdv sur le site internet pour nous rejoindre et connaître plus d'informations : http://www.teamglobetrailers.com/

A bientôt!!!


Lefebvre Thibaut   

Diagonale 2015, récit!
28.01.2016

Jussiaume Mickaël

Après 2 finishs 2008-2009, puis 2 abandons 2012(rhino) – 2014(patte-d’oie interne gauche) alors que très bien préparé…. 2015 l’année de basculement des statistiques, l’année du mariage, l’année du déménagement (container rempli le 03-04-05/10), l’année de la mutation vers la Nouvelle-Calédonie et une bonne dose d’inconnu…. Du coup une préparation allégée, peu de compétition Trans-RUN (140km et 8500m de D+ le 31/05), Mad trail à Valmorel (65km-3700D+ le 19/07), une seule grosse sortie Mafate le 15/08 avec philippe Bourgeois avec découverte de nouveaux sentiers pour moi… et une sortie jusqu’à Terre-plate depuis Mare à boue sur la Cimasalazienne… Une dent toujours «inflammée » depuis janv 2013, mais les dentistes ne trouvent rien, ce jusqu’au vendredi 30/10 (avant-veille de mon départ…..) suite à un scanner dentaire (initialement négatif) et un déplacement du dentiste à paris chez un cabinet spécialisé, une nouvelle hypothèse un canal siamois d’un des 3 habituels et qu’il faut traiter… A suivre dès que je pourrais consulter…. Des insertions des tendons d’Achille toujours un peu sensibles, mais bien laissé au repos vu le volume de préparation des dernières semaines. Un gros travail de posture et de correction d’un excellent kiné (merci Benoit) qui m’a bien soulagé des diverses tensions des dernières semaines et fait prendre conscience de certains schémas corporels. En résumé des conditions certes pas idéales, mais plutôt bonnes, de la fraicheur physiques (moins cérébrale), une grosse motivation, un détachement complet du classement et des autres concurrents (enfin dés fois cela vous reprend…), une énorme team d’assistance, une modeste équipe de coureurs bien sympas…. Un seul objectif se faire plaisir et arriver à La Redoute.

Jeudi 22/10 18h15 Traditionnel repas de départ chez JO (merci encore pour cette halte bien sympa…)Thibaut-Antoine, Jean-phi…. sont là, Thiphaine, Sandrine-Tom-Diane et Julie, René, le team Naboudet, la famille Vasquez… que de supporters…. Repas léger partagé (moi agneau – pates-pdt-patates-pain-beurre…)
19h45 Déjà l’heure d’y aller… à pied en 10mn nous sommes en bas de chez V2, on monte 2mn… Direction le contrôle des sacs, un beau bordel à l’entrée surtout pour les dépôts des sacs des points relais; Grosse marge de progression sur le sujet pour les organisateurs. Ca pousse- ça traine – Cécile Ciman est 2mn devant – vision prémonitoire- on finit par passer… Nous voilà dans le sas de départ avec Jean-Philippe, on a déjà perdu les frères Lefebvre. Qui voilà donc, Jean-Pierre Lebian, Herbert Lallemand, Yvan des vélos, Dédé… les gars de « La plaine des cafres ». Juste au moment où j’en parle, voilà le Sébastien Laroche venu du 38 avec une dizaine d’autres coureurs…. accolade….on se reverra même pas avant mon départ…(il finira 1243 éme en 56h avec aussi un UTMB en 2015). Nous sommes arrivés dans un bon timing, Il n’y-a-plus qu’à attendre…..40mn avant cela se serre déjà sur les barrières devant la scène et ses « artistes », on se cale un poil en retrait avec jean-phi… discours des politiques…. Grain de pluie… alors qu’il pleut tout de même très très rarement à Ravine-Blanche…et pas ailleurs ce soir. Enfin pas de quoi êtres trempés.. mais de sortir le coupe-vent…. C’est long…on se planque derrière les autres y a du zef… les élites sont appelés…. Des barrières passent au-dessus des têtes… Et c’est l’accélération vers la ligne de départ…ça pousse un peu…. Perdu Jean-Phi Placé à 20m de l’arche de départ, c’est parfait pour mes ambitions du moment… l’an passé avec Pierrot.. nous étions à moins de 3m de l’arche… Allez, le speaker chauffe les troupes… musique Dance, puis celle du GRAND-RAID. Compte-à-rebours ….PAN, c’est parti….ça poussotte…. Ma stratégie du départ COURRIR SANS SUER POUR PAS SE FATIGUER…Quelle foule compacte massée tout le long du boulevard du front de mer…. Ça tape dans qqs mains tendues…je trottine très tranquille, doublant me faisant doubler peu importe je reste sur mon rythme peinard, attention à ne pas s’emballer. Pont de Terre-Sainte début du Feu d’artifice tiré de la digue. Il m’accompagne jusqu’à quitter le front de mer, j’en profite un max quitte à pas trop regarder devant moi. La foule sur les trottoirs est un peu moins dense par moment mais reste quasi continue. Tient, mais c’est le SEB LESAGE – ça me fait très plaisir de faire un bout avec lui en papotant- (nous avions fini la 974 2010 ensembles depuis le début de la canalisation des orangers – j’avais une lampe trop faible…) lui c’est un vrai spécialiste de l’ultra avec notamment qqs participations au TOR des géants et aussi un 160 en Italie cette année…on déroule. COUCOU Jean-de qui fait qq mètres avec nous et Christine Benard qui abandonnera à Roche-plate. Sandrine, TOM, DIANE, JULIE c’est super de les voir là…. Et de faire qq mètres avec eux, quel souvenir. Les Vazquez, les Verdier aussi ne sont pas loin. Je retrouve SEB, on entre dans les champs de canne, rythme relax. Sa femme est sur le point d’accoucher il veille donc sur son tél et un chauffeur est prêt à le venir récupérer en tout endroit en cas d’alerte. L’enfant arrivera le mercredi. On passe le ravitaillement de Bassin plat, la nuit est fraiche et agréable. On se perd, on se retrouve à plusieurs reprises. J’allume très peu ma lampe. Je veille bien à ne pas trop suer alternant marche et trot selon la pente. Je profite de l’ambiance des cannes, des étoiles, de la sarabande de lumière qui s’étire sur des kilomètres, des petits groupes de spectateurs que j’exhorte à encourager les coureurs, ça m’amuse. Le temps passe vite, déjà du bitume, des maisons encore qqs km jusqu’à Bérive. Il y du monde par groupes, par couple, juste un père avec son fils, ou qqs ados devant les maisons pour encourager les fous. BERIVE – sur plusieurs centaines de mètres, on passe sur une file entre 2 haies compactes de spectateurs bouillonnants Attention à ne pas s’emballer, sur cette portion roulante jusqu’à MONTVERT. JB est là, juste au pied de la montée du stade. Au rdv de la charcuterie Etienne&Murielle et Christophe qui assure le ravitaillement sur ses terres (moins de 300m à vol d’oiseau de chez lui..) Changement de tee-shirt- j’avoue, j’ai un peu sué tout de même- mais léger – moins léger le gâteau au chocolat de Sarah mais délicieux – enfin à la 3ème part en remplissant sac (gants-bonnet-M longues chaud..St-yorre-boissons- grignotages..) mais veillant à ne pas en prendre trop…ou plus que besoin… je crains qu’il coince un peu ce gâteau- mais non tout ira bien, c ’est du diététique au beurre ; je boirai bien bien pour le faire glisser… Christophe m’accompagne jusqu’au pointage….
DOMAINE VIDOT 1H37- 452émé pour 14km et 650mD+…. Impeccable- Traversée directe de la salle de ravitaillement. A venir - 10km et 1075m D+, on se retrouve parfois à la queue-leu mais juste un ou 2 micro bouchons – revoilà Seb- on se reperd – Urko c’est fun ( sa copine, nous avait redescendu du Plate arrivée du trail du Grand ouest 2014, espagnol et kiné- connu de Thibaut- nous aurions pu l’embaucher dans notre team) on discute un moment – je continue de grignoter des places sans forcer, sans chercher, cela vient naturellement, clignotant, dépassement rabattement sans accélération. Je chante par moments. Hello Mathias (copain d’Etienne et Murielle) un peu dans le dur… à plus tard. Je veille à ne pas suer, et régule souvent la température avec les manchettes et le buff. Carrefour des mares, on vient de quitter la forêt, le milieu est ouvert, on est près des 1400m d’altitude on a donc au moins perdu 10°c depuis le départ. Sentant le frais, arrêt pour enfiler le manche longue (gagné au Trail d’Albertville en 2008) sortir les gants et le bonnet fluo ( de Les Salles Trail, A faire dans le 42 en juin)…. Je me sens étonnamment facile, normal vu l’effort fourni depuis le départ. La piste est irrégulière – gare aux rigoles, alternance de marche et de course- délectation des panoramas sur toute la cote Saint-pierroise jusqu’à Etang-salée avec aussi les agglomérations illuminées de Saint-Louis et du Tampon. C’est énorme – gros plaisir- on en oublie l’effort – normal on ne force pas. Peu le savent mais nous longeons parfois à qq mètres un rempart de près de 1000m de verticalité. Notre DAME de La PAIX. Déjà le ravito…. Yes… pointage ( je ne regarderai aucun temps ou place de toute la course), 3H31- 300émé pour 24km et 1730mD+…. Le gâteau Sarah m’a plutôt bien réussi (du 5km/h et pris 152 places, j’aurai jamais cru en avoir doublé autant…ils devaient être cachés dans la salle de ravitaillement de Montvert). e croque 2 trucs à la table et file à bonne allure jusqu’à la route où Etienne&Murielle me font le plein de stYorre- de boissons – 2 sandwichs (surprise – ai préparé plusieurs recettes)- qqs mots –qqs mètres ensemble – c’est reparti, marche et mange dans la montée et trot dès que possible afin que ces 3km de bitumes passent au plus vite. QQ mots échangés avec des coureurs ou des « supporters», et nouvelles vues sur les agglomérations illuminée à gauche, la nuit étoilée en l’air et les lueurs de l’éruption de La Fournaise qui a repris depuis qq heures à droite. Je me gave de ces plaisirs visuels associés à cette chouette ballade nocturne. Fini la route, on longe le champ de pomme de terre avant de pénétrer sur les prairies d’élevage bovins ouverte aux coureurs à cette occasion. La nuit étant claire on aperçoit le relief coupé net par la Rivière des Remparts, un profil de montagnes russes, plutôt montant et un sol herbeux assez irrégulier mais sans trop de rosée. Je me délecte du ½ carré pain de mie céréales-beurre- pdt-patate- noix ou graines ou persil…, que j’assimile lentement en de multiples bouchées et une innombrable mastication. Alternance entre les boissons, St Yorre (0.5l max dans le camel), 0.5l max de boisson aliment (680 d’isostar au chocolat), 0.5l max de XCEED citron ma boisson aux peptides et acides aminés ramifiés) j’y suis acro…ayant l’impression que chaque gorgée descend très loin… et se transforme en nrj pure. Comme chaque année un bucher nous éclaire dans les prairies arborées de Notre-Dame de la Paix, ça cri, ça chante, ça encourage….. Encore qqs hectomètres et nous basculerons du point culminant du tronçon (environ 1900m) pour joindre la piste forestière de La Grande Ferme tracée au milieu des cryptoméria. Environ 3km de descente roulante, je joue avec le bonnet le buff, pour rester en dessous du seuil de sudation…. Ça roule bon train, les ruches, le bassin DFCI, le raidillon, le long faux plat montant, la citerne, la barrière avant la route forestière. Je trotte, marche, discute… mais cela me parait un peu long signe de légère lassitude, hop un gel en multiples gorgées pour bien arroser. Revoilà le bitume de la route forestière du volcan, ça descend très raide au début alors laissons les jambes s’emballer et nous porter en veillant à conserver de la souplesse dans la foulée. Cela durera moins longtemps ainsi ces 1.5km. Du coup je gagne qqs places sans que cela en soit le but. Petite passerelle à 90° enjambant le fossé et nous voilà sur un des derniers tronçons pavé de la première route du volcan une simple piste datant des années 1960 ouverte par l’ONF car avant c’était à patte que l’on montait au Volcan, juste des éleveurs et qqs rares touristes accompagnés de guides et de porteurs. Route forestière de Piton sec, 300m de bitume avec un bon raidillon et ce sera le ravitaillement funky-disco-dance music et show laser…
ITON SEC 5H15- 249émé pour 34km et 2281mD+…. Encore un tronçon pour lequel, je n’aurais pas pensé en avoir doublé tant, 51 je t’aime, j’en boirais des tonneaux. C’est chaud l’ambiance dans la tente…. Je vérifie le niveau d’eau- 2 godets de soupe- et un troisième dans mon « pot boisson » avec couvercle à vis, pour continuer de boire à ma guise en avançant. On cause avec un V2 venu de la Sarthe, qui coure sa 3éme épreuve du World tour de l’année, dans les 70 l’an passé, il compte amorcer sa remontée après Cilaos, puis il s’en va. Contournement des cratères des Trou-Blancs. On ne verra rien, mais nous passons au bord d’un vieux cratère végétalisé puis sous un second avec une falaise « blanche » visible depuis les plaines de Bourg-Murat. Secteur d’entrainement situé à moins de 5km à vol d’oiseau de notre « case ». Une belle petite ballade faites plusieurs fois en famille, avec une fois, une incursion au fond du cratère et une folle partie de course et de plongeons dans les hautes herbes. A cette heure, ils dorment dans le zafira sur la route de piton bleu…Voilà Pascal un V2 d’Annecy tout en fluo. Un groupe nous rattrape, personne ne souhaite passer malgré mon invitation…BOUMBOUM Badaboum, je me vautre, petite galipette dans l’herbe fraîche…. Ça va les gars allez-y. petit signe de baisse de vigilance ? C’est reparti, relax, je laisse filer. On aperçoit au loin les lampes qui descendent vers le Chalet des Pâtres. Traversée de la RF, passage de l’épaulement du Nez de Bœuf, un plateau roulant où je roule prudent à la sensation sans jamais me forcer à courir. La nuit est divine car l’an dernier nous étions dans un épais brouillard, une farine poisseuse et un vent du diable… quel confort. Revoilà le bitume de la R Forestiére. Allé moins d’un kilomètre et c’est Textor… allo Thierry – tout va bien pour toi ? pas trop froid ? t’es où ? je suis là dans 5mn….. Piton Textor … 6H15- 242émé pour 40km et 2589mD+….(ben j’avais eu l’impression de ne pas avancer comme je me faisais plutôt dépasser mais 6km/h c’était largement suffisant). Hé collègue, ça fait plaisir de te voir…. Vérif rapide et bidons tous maxi à demi, car ensuite c’est le tronçon le plus roulant du parcours avec des moyenne parfois de 12km/h pour les premiers. Gare à l’emballement donc. MERCI à plus… (on se recroisera à la Redoute car son copain Judicael SAUTRON termine 3éme du Bourbon.
Allez- pas de panorama époustouflant sur La plaine des Cafres et Le Massif du Piton des neiges, mais la nuit reste belle. Je me cale tranquille derrière- dans un petit groupe pour cette longue douce mais parfois bien technique descente. Et surprise, ça bouchonne par moment, on avance au ralenti… enfin je cherche pas à doubler, je me dit que cela me repose et dans la ligne droite après le pare-feu qui rejoint « l’ancien GR », là où nous sommes venus à plusieurs reprise cueillir des arums en famille, cela occupe mes pensées ces instants agréable avec les loulous qui galopent comme des dératés sur le sentier entre 2 haies de barbelés au milieu des pâturages…. Petit brouillard d’avant aube. Chalet des patres- le jour se lève-besoin de se soulager- allo ma chérie- tu dors pas – t’es juste au départ de la piste scorie- Jean-phi est là- il a mal au ventre ?- Je suis là dans 10mn… En 2012, l’espagnole 2éme féminine m’avais dépassé à vive allure sur cette portion bétonnée… bon ce n’est pas très rigolo le béton. On déroule en souplesse sans forcer- Tiens l’organisation a ouvert une variante pour éviter la prairie, ou refus du propriétaire cette année. Un sentier qui sort juste en face de la route de Mare à boue. 2km de béton et le staff familial est là. Je peine un peu à maintenir le rythme, on se reposera en famille. Sandrine mon épouse depuis 104j est là – bon les enfants dorment encore dans la voiture… Tiphaine donne de news mitigées du Jean-phi… Salut Eric Brochier. Nok- vérif des bidons – st yorre-petits sandwichs maison-
Ben J’ai trouvé le secret, après 16 années de trail……(vous voulez savoir….) Pour pas se fatiguer- y suffit de pas forcer….. 2 bisous et c’est reparti- ravitaillement 2 pots de soupe et puis s’en va … Pointage de MARE à BOUE 7H39- 250émé pour 50km et 2636mD+…. 1h25 pour 10km de descente et de roulant, j’ai vraiment du faire une bonne pause ravito avec ma chérie ? Hello LUC- « vas y Cécile viens de partir regarde elle est avant les arbres »….1ere vision fugitive à moins de 200m….1er coup de mou…ça passe, j’arrive un peu à trottiner par moment jusqu’à la montée du Piton tortue. Jean-Philippe a très mauvaise mine lorsque je le rattrape, des yeux de zombi imbibé d’ecstasy…il me fait un peu peur. Je file. Je mène un moment un groupe de 6 coureurs, puis les laisse passer vers les échelles puis les laisser un peu filer. Panorama sur la forêt de Bébour – lieu de si nombreuses sorties bye. J’amorti le coup de mou. Puis je reprend le groupe à Bras-Chanson avant de les quitter, ce avant les mares du carrefour avec le sentier Jacky Inard. Descente de Kerveguen, entrée dans le cirque de Cilaos. Méfiance dans un élan euphorie en 2014, je suis descendu très trop vite, et avais ressenti une 1ére pointe au genou gauche sans y prêter attention jusqu’à ce qu’il bloque Plaines des tamarins. Allons-y-pénard. Chemin commun avec un guadeloupéen (Boulais olivier ?) vainqueur du challenge des trails de Guadeloupe (que de bons souvenirs…), plusieurs top 5 du VOLCANO TRAIL – nostalgie- il a abandonné La diagonale en 2014, il travaille dans la sécu incendie à Destreland et s’est fait en partie sponsoriser par le centre commercial – il compte demander sa femme en mariage à l’arrivée… il connait bien Eric BARRET et toute l’équipe d’Altitudes Tropicales…. On papotte, on papotte en descendant tranquille. J’aspire à économiser les genoux, donc descendre d’un coté puis de l’autre, ralentir pour les marches hautes….On grignote qqs places…on tente de limiter les flexions complètes des genoux… Pause technique comme en 2014…bizarre. Ravito express à Mare à joseph, du bon coca et qq toasts. 10h31- 225émé pour 61 km et 3346mD+ (presque 3h pour 11km ???)…. Viens une portion de route tout trottiné. Je double, Claire Baudis. Il y a longtemps que je la connais de vue sans savoir son nom, qqs mots échangés et je déroule en souplesse pour limiter les chocs sur le bitume et afin que cela passe plus vite ces portions peu sexy, même si dès que l’on lève la tête la majesté des remparts et des sommets qui nous encerclent ne laissent pas indifférents.


C’est vite glissant…un me double, cela faisait longtemps, pas de prise de risque inutile… « Ce serait dommage si prés du bol de sangria » comme dirait Bigard…la pluie m’a sérieusement ralenti. cela va être une belle patinoire pour les suivants et les 1500 concurrents du Bourbon. Sortie du bois, on domine Saint-Denis sous le gris…. Pas de pause panorama, on a assez flâné comme cela. Les lacets de la grosse conduite, j’aperçois 3 concurrents à 50m… s’est jouable…. Allo chérie, vous êtes au stade, prêts, je vais peut-être finir vite…. Ils m’attendent dans le dernier virage. J’accélère, un lacet, rattrape, déboite, double, plus que 2…je suis à 10m à l’entrée dans le bosquet le long de la 4 voie… zig-zag…une femme-un homme, un couple ? J’interroge la demoiselle juste avant d’entrer sous le pont Vin san. Bonjour, vous êtes ensembles ? Réponse ambigüe : « on pourrait ». « Bon alors, je vais vous laisser ensemble ». Démarrage à la sortie du tablier… des jambes de coureurs de 1500m …. Le gars tente de suivre qq dizaines de mètres… mais abdique rapidement… la filière anaérobie, doit être intacte, faisons nous plaisir, un coup d’adrénaline, un beau déroulé placé, je me sens léger, c’est grisant, on y est au bout de cette diagonale plaisir qui arrive en clôture de 7 années et 2 mois d’une belle tranche de vie Réunionnaise. Cette portion de sentier paysager, en scorie, défile trop vite on aimerait suspendre le temps. Dernière traversée de route entrée dans le stade sans relâcher l’envolée….. Il y a du monde… Entrée sur la piste, Sandrine, Tom, Diane et Julie sont là c’est l’apothéose ! FINISHER 39h45- 200émé pour 164.6km et 9917mD+ Vmoy 4.12km/h Inoubliable souvenir d’une belle partie de plaisirs partagés, de convivialité, de soutien, d’encouragements, de paysages somptueux…… MERCI-MERCI-MERCI à Sandrine, Tom, Diane et Julie et à vous tous qui m’avez soutenu, texté, aidé… vous resterez dans un coin haut de mon histoire. A l’arrivée, aussi Les Vazquez, Olivier, Jo&Héléne, Jean-luc, Team Run in Raid
Je me rappelle plus vraiment de mon alimentation, juste pris léger et plutôt bien optimisé Avantage des nombreux soutiens et relais Sommeil : auto hypnose-entrainement nuit blanches ? A quand le prochain dossard ??


Jussiaume Mickaël   

CR Trail de Bourbon
05.11.2014

Lefebvre Thibaut

En route pour le TTB 2014. Vendredi matin, stade de Cilaos, l'objectif du jour est le ravitaillement de Mika et Cécile, de goûter l’ambiance du Grand Raid puis de rejoindre le meublé déniché in extremis par Patrick, le papa de Sébastien, afin d’y reposer le corps et l’esprit. Le soir mes collègues de l’équipe Run In Raid, Hélène et Willy me rejoignent. Pour un départ de Cilaos le lendemain à 4h, après une bonne mais courte nuit, nous nous levons à 2h puis petit déjeuner habituel et gâteau sport et nous nous rendons au stade afin de passer au contrôle des sacs, de laisser un sac de change pour la Redoute et de se positionner sur les premiers rangs. Au micro, c’est Jérôme Désiré qui ambiance les coureurs, nous présentant les têtes d’affiches féminines et masculines avec en guest star, le fameux Guillaume Peretti qui a récemment délester K. Jornet du record du GR20. La bataille avec Jeannick S. sera féroce… Contrôle des sacs en compagnie du traileur/humoriste Yohan Métay avec qui j’avais bien sympathisé à la remise des dossards; bref quelques blagues échangées! Nous formons ensuite un « troupeau » de 1500 raideurs sur la piste et je ferme les yeux afin de peaufiner ma stratégie mentale commencée la veille par la visualisation de toutes les sections du parcours et de pensées positives. Voilà que les organisateurs nous invitent à nous placer au départ.
…5-4-3-2-1, le flot est lâché et rapidement la route s’incline entre 5 et 15% pour rejoindre la route forestière de la Roche Merveilleuse. Willy, est à 50 mètres devant, il a pris un très bon départ, fait parler sa vitesse et je m’efforce de le suivre sur deux kilomètres afin de me placer dans le courant des 200 premiers. Puis je le laisse me distancer pour ne pas atteindre la zone seuil et rester en contrôle jusqu’à Deux Bras, où à mon sens, commence la course. Du départ au pied du Bloc, on avale la portion « roulante » en à peine 50min. La montée technique commence alors en procession de coureurs espacés de 2-3 mètres, à un bon rythme, toujours à la frontale, et sans le moindre ralentissement. Enfin le jour se lève sur le dernier ¼ de la montée et nous découvrons le panorama sur le cirque de Cilaos, légèrement brumeux et sous un ciel couvert. Passage au sommet en 1 h, sans forcer et j’enfile ma veste immédiatement car, sur la crête technique entre Kerveguen et le gîte du Piton, le vent souffle en rafale à 60km/h. La vue est splendide sur le volcan au loin. Au puls je suis bien, sans cardiofréquencemètre car perdu à la ccc (cf épisode précédent) je prends de temps en temps le pouls carotidien sur 15s et me fais un petit calcul pour me rendre compte que je suis sur les 150bpm voulus. J’effectue cette portion avec Laurent Gally, l’organisateur du Vertical Run qui est une vraie pipelette.
Rapide ravito au gîte, on m’annonce la 150ème place et je repars sur la section technique jusqu’à Bélouve. Laurent est parti loin devant déjà. Il me faut négocier ce passage « clé »en souplesse et sans forcer, sans vouloir à tout prix courir. En adoptant cette stratégie, je me fais tout de même doubler par 20 personnes qui envoient grave à ce moment… Nous pénétrons enfin la forêt primaire de Bélouve et son monde féérique, au sol glissant de boue et ravagé par le passage du Grand Raid la veille. Enfin, le gîte de Bélouve avec 10 min de retard sur mes prévisions, cela à cause du sol détrempé. Pas d’arrêt au ravito, en route pour Hell Bourg que je rejoins en 30 min en reprenant au passage pas mal de places, sans forcer pour autant.
En bas, Nadia une amie et patiente me ravitaille en solide et liquide. Je troc un buff contre une casquette car au loin, le soleil fait son apparition vers Grand Sable. La route de béton qui suit est vite avalée jusqu’à la passerelle de Trou Blanc et le cagnard fait son apparition. Je reste donc très prudent sur mon allure et me fait rejoindre par quelques concurrents dans les portions "pleine pente". Au ravito du bout de la piste forestière, un boug nous rafraîchit avec son tuyau et je recharge au maximum l’eau pour monter les 10 kilomètres jusqu’à la Plaine des Merles. Le rythme reste léger sur le premier 1/3 de la montée. Ce sera ma tactique pour la journée : toutes les descentes et montées en retenue sur le début puis plus de rythme sur la fin. Ainsi, vers la moitié de l’ascension je commence à rattraper les gars qui m’avaient doublé en bas et je reviens sur Willy un peu en difficulté intestinale à ce moment. Un petit bout ensemble mais je continue sur mon rythme régulier et me détache de lui progressivement. Je garde toujours une hydratation continue, alternant eau et punch power, un élément solide toutes les heures enrichi toutes les 3 h d’une pomme de terre salée et/ou d’un tuc. Le ravito s’annonce à 25 min, on fera la jonction là-haut.
Enfin, la Plaine des Merles, une soupe, un coca, de l’eau et quelques étirements, le temps de retrouver Willy qui me dit de continuer ma course si je me sens bien. On s’encourage car je sais que s’il se refait une santé, il y a de fortes chances pour qu’on se retrouve à Aurère ou Deux Bras.
La descente du Sentier Scout que j’entame en 112ème position me semble facile aujourd’hui. Les jambes sont bonnes, je pourrais « envoyer » mais malgré tout je garde en tête les images de la fin du parcours et m’impose de la retenue. Nous sommes quelques coureurs à la suite jusqu’à la moitié de la descente et je décide de griller la politesse à mes compagnons de route pour pointer à Aurère 103ème. J’anticipe toujours en amont le passage au ravito ce qui me permet d’aller à l’essentiel et de ne pas m’éterniser sur les tables d’assistance. A ce moment, une pointe douloureuse apparaît au côlon descendant car j’ai du trop tarder à aller à la selle, et je profite d’un banc pour un rapide étirement du psoas gauche et une auto manipulation de détente viscérale. J’essaie de lever cette douleur qui pourrait vite devenir un facteur limitant à ma progression pour la suite. La descente de Bord Bazar se fait en mode « prudence » pour garder de la « fibre » et éviter l’inconfort du à la douleur. Malgré tout, je reviens sur quelques raideurs.
S’ensuit alors le ravito de Deux-Bras, où la femme d’un patient me reconnait et m’assiste gentiment en tant que bénévole du poste. Je m’assois, lui demande des pâtes et avale verres d’eau sur verres d’eau tout en lisant les sms d’encouragement que je reçois, venant des collègues, de la famille, des amis, voire de Christophe Le Saux himself !
Me voilà dans le mur de Dos d’âne à suivre trois coureurs très lents qu’il me faut doubler au 1/3 tiers afin de prendre un meilleur rythme et je rejoins le sommet en 1h18. Sur la route béton, des badauds offrent généreusement un peu d’eau et je descends en trottinant jusqu’au ravito Ratineau situé à 30 min de là environ. Je croise Aude la femme de Willy avec ses enfants et l’informe que Wil suit à quelques dizaines de minutes d’après le pointage sms que l’on s’est mutuellement attribué avant course ;-)
Arrivé à Ratineau, le pointeur m’annonce la 75ème place et je me mets pour la première fois en tête de gagner encore et encore des places. J’entre alors dans un mode « compétiteur », d’autant plus qu’un collègue violoncelliste de l’orchestre, Thierry se trouve là par hasard et m’annonce que 5 places sont à gagner rapidement. Je me ravitaille donc en vitesse et me voici reparti à l’assaut de ce chemin Kalla qui ressemble plus à une épreuve de Koh Lanta qu’à un chemin de trail, mais après tout, on est la Réunion… Je double de nombreux « grands raideurs » totalement à l’arrêt sur ce type de terrain après les dizaines de kilomètres qu’ils ont déjà courageusement accomplis. La fin du chemin en direction de la Possession est plus roulante et j’avale la descente sans aucun problème. Les places se « grattent » facilement laissant les autres concurrents sur place.
L’arrivée à l’Ecole Evariste de Parny est sympa : un ami Pierre-Louis est présent et m’accompagne, un ami ostéo Pierre R. me propose gentiment de l’aide mais je n’en ai pas besoin car au pointage, Sébastien, mon père et Michel, mon collègue, sont présents. J’en profite pour m’asseoir, changer de tee-shirt et de chaussettes et me faire masser les adducteurs qui partent légèrement en crampe. Le massage de Michel est efficace et après 15 min environ je repars en petites foulées sur la route, frontale prête sur le crâne croisant au passage d’autres connaissances : John, David H. et sa femme et profite de leurs encouragements. Le chemin des Anglais est toujours délicat à gérer car les premiers pourcentages saisissent après une longue descente et les 2 kilomètres de plat bitumés. Je prends une allure souple en respectant les intensités cardiaques. C’est alors qu’une féminine me rattrape et essaie de me distancer, ce qu’elle arrive à faire facilement en montée, mais dès lors que le chemin s’aplanit et descend, je la rattrape sans difficulté. Je joue donc à cela jusqu’à la Grande Chaloupe et dans la nuit : la laisser fournir l’effort, me faire distancer, puis revenir et enfin, à la faveur de la la descente finale, je la distance définitivement.
A la Grande Chaloupe, le classement est désormais 57ème. La « compét’ » se continue donc, j’enfile le tee-shirt officiel et me déleste de quelques affaires inutiles auprès de Sébastien et de mon père: en route pour grignoter encore des places d’autant plus qu’on m’annonce 20 coureurs en 50 min, ce qui laisse donc de quoi s’amuser! La fin des pavés du chemin Crémon annonce le quartier de St Bernard, son habituelle boutique bondée de soulards, puis quelques sections bitumes avant de prendre tout droit un « hors piste » poussiéreux et glissant, pas très bien balisé qui mène comme par miracle à la jonction du chemin de la Fenêtre. Je suis 50ème au pointage du Colorado.
J’avale ma dernière soupe de la journée, me charge du dernier 1/2litre d’eau et j’envoie immédiatement dans cette descente technique que je commence à bien connaître… En 2005, j’y étais à l’agonie, en 2014, j’y suis euphorique ! Je double encore 2 coureurs puis un troisième au premier tiers mais le faisceau de 600 lumen montre maintenant des signes de faiblesse. Après une minute pour changer de batterie, c’est reparti pour un exercice plaisant, « plein jour » grâce à cette lampe incroyable. Les jambes répondent bien, la Redoute est en vue, et je passe sous le pont en sprint, pour le plaisir, atteint le dernier virage et franchis cette ligne mythique en 48ème position pour 18h23min. Génial !
Derrière les rambardes, mes parents, Sébastien et toujours Pierre-Louis en supporteurs sont ravis de ma performance. Ludo Collet est toujours fidèle au poste et il est temps d’enfiler la médaille et le tee-shirt finisher, très heureux d’avoir achevé mon pari de l’année : enchaîner deux 100km en huit semaines et finir ces courses avec des jambes jusqu’au bout! De bonne augure pour envisager la distance supérieure l’an prochain... Place à la récupération, à la coupure totale de sport, au bilan de tous ces entraînements et des 560 kilomètres de compétition en 2014.

"L'ultra trail, c'est avant tout la tête et le ventre." Eric Lacroix
"En ultra, il faut du temps, et moi, j'ai tout mon temps". Antoine Guillon


Lefebvre Thibaut   

Compte-rendu CCC
02.09.2014

Lefebvre Thibaut

Retour sur la CCC 2014. Nous voici donc plongés dans l’ambiance si particulière des courses internationales UTMB – TDS- CCC- OCC pour vivre au moins une fois l’arrivée au centre de Chamonix dans la foule et l’animation des speakers sur la ligne d’arrivée, place du Triangle de l’Amitié.

Cela change franchement des nombreuses arrivées dans l’anonymat du stade de la Redoute en pleine nuit. Sur ce point, malgré ses 21 éditions le Grand Raid a 10 années de retard…

Nous sommes arrivés Sébastien, Antoine et moi, le mercredi soir à l’Hôtel des Lacs, face au Mont Blanc, bonne petite adresse à 20 min à pied du centre-ville. Le jeudi, nous partons récupérer les dossards et faire un tour au salon du trail sous un chaud soleil. Les sésames sont distribués en une heure chrono malgré la file impressionnante, dans un gymnase où tout est parfaitement organisé : vérification des identités, du matériel obligatoire, distribution des cadeaux, des tee-shirts, renseignements précis, une armée de bénévoles visiblement rompus à l’exercice et parfaitement synchronisée, vous oriente en s’exprimant en anglais, allemand, espagnol, japonais,... C’est juste impressionnant de voir cette fourmilière à l’œuvre. Dans la queue, nous croisons quelques vedettes : Delebarre, Karrera, Bragg, Maciel, Hernando, Zigor Iturietta, … Puis nous partons au salon du trail, aux allures de marché de noël pour coureur. Quasiment toutes les marques internationales représentées et les stands de 70 courses à travers le monde. L’occasion de taper la discute avec Chaigneau, Antoine et Anne Guillon, les organisateurs du Marocco Tizi n trail, et de faire quelques achats. J’en profite pour faire le tour des stands de nutritions sportives pour répondre à la demande de Mika sur la recherche d’une boisson d’effort optimal. La suite du programme est simple : une rapide assiette de pâtes en ville, quelques achats d’appoint à la superette du centre et une sieste avant de rejoindre en fin d’après-midi Cécile en compagnie de Christine Bénard, d’Antonella et de Christophe Le Saux pour un rapide coucou d’encouragements, elle qui a décidé finalement la veille de courir l’UTMB mais en mode tranquille. Un rendez-vous est également fixé avec JB, un coureur rencontré au Maroc qui devait nous ravitailler à Champex mais qui nous annonce finalement son indisponibilité... Petite déception: nous devrons courir la ccc sans assistance. Pas d’inquiétude outre mesure car les ravitaillements sont très achalandés, juste un regret sur l’allégement de nos sacs et le temps que l’on gagne aussi quand quelqu’un optimise un ravito et vous déleste du mouillé.
Réveil à 4h30 le vendredi, petit déj’ et gâteau sport, nous voilà parti à pied direction les navettes au centre de Cham. Encore une fois, l’organisation est sans faille, l’acheminement se fait par flux de 60 coureurs par bus, sans bousculades, sur un parcours balisé. Les navettes démarrent en file ininterrompus, 1000 personnes sont acheminées en direction du complexe sportif de Courmayeur via le Tunnel du Mont Blanc en moins de 2h. Léger bémol à l’arrivée en Italie, le sempiternel manque de sanitaires, étonnant à la vue de la quasi perfection de l’organisation. Après 1h30min d’attente, il est temps de gagner la ligne de départ où nous serons placés en 4 sas. Avec Antoine et Seb, nous nous plaçons sur la première ligne du deuxième départ, 10 min derrière les 500 premiers concurrents. L’ambiance monte et les tubes du moment s’enchaînent crachés par une sono puissante, telles les fêtes de chez Jean De. Catherine Polletti, l’organisatrice donne ses dernières recommandations. Go ! Tout de suite la route s’élève, 3.5 km de bitume direction le sentier de la Tête de la Tronche, d’abord large puis rapidement en monotrace. Un ralentissement important et nous voilà montant les 6 km d’alpage en lente et interminable procession. Je n’ose même pas imaginer le bouchon s’il n’y avait pas eu ce système de sas… Cependant le décors est sensationnel et on s’amuse de voir cet interminable serpentin de coureurs se dessiner dans la montagne. Après tout de même 2h20 pour 11km et 1500m de D+, des max de pulsation à 160 mais souvent à 120bpm..., nous atteignons le premier sommet à près de 2600m, puis descente rapide et roulante sur le refuge Bertone. Points de vue superbes sur le Valais suisse au loin à droite et la vallée de Courmayeur devant nous avec l’entrée du tunnel du Mont Blanc et les glaciers environnants. Les tifosi italiens donnent de la voix pour nous encourager ! Le Mont Blanc et sa face Ouest sont malheureusement dans les nuages. Au final, je pensais que le rythme de course serait tout de même plus fluide pour arriver à Bertone et me dis que le premier départ aurait été plus intéressant pour nous… Sébastien est juste devant moi, Antoine à 5 min en retrait. Après un rapide ravitaillement, nous repartons vite pour ne pas perdre le « bon wagon », juste le temps de m’apercevoir que je viens de perdre ma montre Garmin (les boules !) qui ne tenait plus qu’à un fil, et que j’allais rentrer dans mon sac… Tant pis, je compterai sur la sympathie des coureurs ou des bénévoles pour me la rendre plus tard, si elle est retrouvée… La suite des 12 kilomètres via Bonatti jusqu’à Arnuva se fait au train et sous quelques gouttes, en relances régulières. Plus d’indication cardio mais les jambes sont bonnes, le tfl droit tiraille à peine (merci Michel!) et les bâtons ne sont pas encore sortis car contrairement à de nombreux coureurs Seb et moi jugeons qu’ils ne seront utiles qu’à partir de la montée du Grand Col Ferret. Rapide ravito à Arnuva, et nous entamons la longue ascension du sommet de la course à 2600m sous une deuxième pluie plus dense, le chemin devenant un peu plus boueux par endroits. Je me retourne régulièrement pour tenter d’apercevoir la silhouette d’Antoine dans ces pentes dénudées de végétation, mais il n’est pas en vue, certainement gère-t-il tranquille. Avant que le haut soit enfin atteint et avec lui la frontière Suisse, je me rends compte que je n’ai plus d’eau; dans la précipitation je n’ai pas remis assez de liquide à Arnuva. Les crampes commençaient à monter dans l’ascension car ce manque hydrique conjugué à l'effort inhabituel et à l’altitude ont créé une déshydratation. Les vastes internes et les adducteurs brûlent terriblement en ce début de descente, je ne peux plus courir. Sébastien me donne 3 gorgées de son camel, je prends d'urgence un gel anti-crampes et une sporténine et je lui dis de partir, je vais me débrouiller pour ne pas le ralentir, tant pis j’ai déjà géré maintes fois ce type de situations. Un autre concurrent me voyant à l’étirement au bord du sentier me donne 2-3 gorgées de sa boisson énergétique qu’il n’arrive plus à boire. Nous nous encourageons mutuellement tout en continuant la descente en marchant tranquillement. Puis au premier ruisseau croisé, je rempli 50cl ne sachant pas trop la qualité de cette eau limpide, un spectateur du coin me le déconseille au passage. Tant pis, j’ai trop soif. 4 kilomètres plus bas à la Peule, je rentre dans une petite auberge au bord du chemin et remplis encore un litre au robinet avec de la boisson énergétique. Une certitude, l’eau des ruisseaux du haut du val Ferret est bonne ! Ca y est, la crise de l’eau est gérée mais les crampes sont là et il va falloir trottiner 6km dans cette interminable descente jusqu’à la Fouly, à l’aplomb des Grandes Jorasses que nous n’apercevons pas. C’est là que me servent les séances d’hypnose de mon collègue Benjamin et je me réfugie dans la pensée positive et l’imagerie travaillée ensemble sur les deux séances au cabinet. Je pense également à tous les amis ou les parents qui nous suivent sur internet et cela me fait sourire car j’aime beaucoup ce suivi live des trails qui existe sur les grandes courses maintenant depuis quelques années. Savoir que des gens nous suivent par ce biais, c’est extrêmement motivant ! Mes mots ressources « facilité » et « plaisir » associés aux images de montagnes ensoleillées et enneigées que j’avais imaginées redonnent confiance en ma foulée « étriquée » et je prends mieux ce « mal » en patience. A l’arrivée du ravito de La Fouly, j’ai perdu une bonne centaine de places et je croise Sébastien qui repart avec une avance de 8 min. Il me faut prendre du repos, préparer d'autres gels anti-oxydants, de la soupe salée, et de l’eau en abondance cette fois-ci afin de continuer le travail de « dilution » des crampes. Je repars en marchant sur le bitume menant au chemin de Champex Lac, les crampes sont toujours là et l‘effet tant attendu pas encore arrivé. Progressivement les sensations reviennent et je me sens revenir à un rythme plus en adéquation avec l’ultra trail. Le point positif est que mon alimentation semble parfaite pour l’effort, aucun signe de fatigue ou de lassitude à absorber le sucré toutes les 45 min, sachant que je privilégie le salé aux ravitos. Le paysage dans le Valais suisse est digne d’une carte postale, c’est la représentation idéale des petits hameaux d’alpage avec quelques troupeaux de bovins, les chalets soigneusement entretenus et les habitants souriants malgré la pluie qui tombe un peu plus forte maintenant à l‘approche de la montée de Champex. J’effectue ces 400m d+ au train, avec une bonne poussée sur les bâtons reprenant alors une dizaine de coureurs qui m’avaient distancé sur les tous derniers kilomètres de la descente après Fouly. Nous sommes maintenant à plus de la moitié de l’épreuve et je rentre dans le ravito. Sébastien assis à une table mange difficilement quelques pâtes. Je m’active pour pouvoir repartir avec lui : ravitaillement du sac, puis changement de tee-shirt, chaussettes, de buff, de short et j’opte pour un ¾ afin de continuer dans la nuit. Puis alimentation chaude : soupe, pâtes, quelques charcuterie du pays, une compote. Tout passe bien et dans ce vacarme de traileurs nous décidons de nous extraire de la tente après tout de même 50 min de pause. A ce moment, Antoine arrive et commence son ravito : quelques mots pour nous encourager mutuellement et le relancer, lui qui a connu un passage difficile depuis Arnuva… Sur la longue route de bitume longeant le lac, en marchant tranquillement, Seb et moi discutons quelques instants avec un concurrent ayant déjà participé au trail de bourbon et à la ccc. Les jambes restent bien raides du fait de l’épisode des crampes mais le plaisir d’être présent sur cette course et la certitude de finir sont intacts. La nuit s’annonce, il faut allumer les frontales. La mienne achetée à Lille récemment et pas encore testée est d’une puissance phénoménale, il me faut rapidement trouver le bon équilibre d’intensité. Mais qu’il est agréable de trottiner aux bâtons en descente et de nuit lorsque l’on voit si loin. Après quelques kilomètres en faux plat descendant, nous entamons la montée des Tseppes qui nous mènera à Bovine dans un champ de boue et de bouses sous une pluie battante, le froid et les nappes de brouillard. Seb montre quelques signes de fatigue en montant mais il s’accroche bien au rythme et je décide de rester toujours à l’économie pour ne pas que mes crampes reviennent. Une fois le sommet atteint, la descente se fait prudemment à 2, alternant marche et course légère, toujours en appui sur les bâtons quitte à perdre quelques places. Une petite douleur au genou gauche cette fois-ci apparaît. Refuge immédiat dans l’imagerie positive de l’hypnose et je me rends compte que cela fonctionne plutôt bien. A défaut d’oublier totalement la douleur, on l’accepte beaucoup mieux... Nous sommes maintenant trempés et vivement l’arrivée à Trient pour se refaire la cerise. Encore une fois le ravito sous une grande bâche bien qu’organisé et achalandé, semble trop exiguë devant l’afflux des nombreux traileurs fatigués et mouillés, cherchant à se réchauffer avant d’entamer les deux dernières difficultés de la course. Sébastien aimerait rester un peu, s’endormir mais je le convaincs de ne pas le faire maintenant et de prendre un bon café. Nous repartons ensemble directement dans la montée de Catogne direction la France, et je distance Sébastien moins en jambes dans ces montées régulières à 20% et visiblement pas encore sous l’effet de la caféine. Après avoir suivi les pieds du concurrent devant moi toute la montée, dans une nuit bien noire, nous arrivons à nouveau sur des sections d’alpages très boueuses entrecoupées de quelques torrents. Malheureusement il faut mettre les pieds dans cette eau glacée... Pour ma première nuit dehors dans les Alpes, j’aurais préféré de meilleures conditions, mais c’est le jeu et tout le monde s’en accommode. La descente est très glissante et boueuse et nous arrivons à côté du hall de gare de Vallorcine, là où est plantée la tente de ravitaillement de l’organisation. Il me reste un tee-shirt sec que j’enfile, ma dernière cartouche! Puis Sébastien arrive au bout de 5 min, on dirait qu’il est revigoré. Même rituel en 20min: s'asseoir un instant, changer la batterie de la lampe, prendre une soupe, recharger en eau et barres énergétiques, manger quelques charcuteries ou fromages pour le plaisir et repartir dans la nuit. Les transitions après ravitos sont toujours aussi difficiles car nous sommes gelés par le froid et l’humidité mais le travail du haut du corps avec les bâtons a au moins l’avantage de nous réchauffer. Sur ce long faux-plat montant je ressens à mon tour l’envie de dormir et je tente un gel caféiné pour vaincre cette sensation. Il fera rapidement effet sur la fin du col des Montets. Après un rapide pointage, la dernière difficulté de cette longue promenade se dessine dans la nuit par les petits points lumineux des frontales des autres concurrents situés dans la montée de la Tête aux Vents. Enfin, une ascension technique, à la « réunionnaise ». Seb est toujours moins en jambes dans les montées et me dit de partir, ce que je fais et je me plais à retrouver de très bonnes sensations et doubler quelques concurrents. Malgré tout je ne force pas car le point de douleur au genou est toujours présent sur les enjambées de marches. Pourtant l’envie d’envoyer est vraiment là… En tête toujours ces mots de « plaisir » et de « facilité » pour me permettre de positiver encore plus l’instant présent. Au sommet les pas ne sont plus trop assurés par la colonne de quelques 20 coureurs transis par la fatigue et l’humidité même si la pluie a cessé. Heureusement, le lieu porte mal son nom aujourd’hui car aucun gramme de vent dans l’air pour aggraver le tableau. Sur ce chemin de rochers granitiques rendus extrêmement glissants par les averses des jours précédents, la progression est difficile. Il faut encore quelques bonnes minutes pour attendre un pointage où deux organisateurs emmitouflés nous indiquent le prochain ravito de la Flégère à 3.5 km pour 250 m de descente, portion qui durera encore 50min ! A la Flégère je me ravitaille de deux dernières soupes, je me sens vraiment bien. J’attends quelques minutes Sébastien et ne le voyant pas arriver, je décide de commencer en marchant cette dernière difficulté qui commence par une piste de ski. Le jour se lève enfin et Chamonix apparaît par intermittence sous les brumes du matin. Après quelques centaines de mètres effectuées tranquillement je décide de tester mes jambes en trottinant d’abord en appui bâtons, puis sans et enfin après quelques virages, je décide de me faire plaisir une dernière fois en donnant une vitesse plus semblable aux entraînements de la Réunion. Dans ce sous-bois, les sensations sont parfaites : je double une quarantaine de personnes avec des pointes, au jugé, à 13km/h. La fin de la descente est très roulante et mène directement dans la ville de Chamonix. Contrairement à la fin du TG Ouest d’il y a 3 semaines les jambes ne sont pas du tout carbonisées, bien au contraire, et je traverse Chamonix au pas de course, au sprint presque. Enfin, la ligne mythique au bout de cette rue commerçante observée tant de fois dans les reportages UTMB. Chaque concurrent est empli de joie, du bonheur d’avoir couru une vingtaine d’heures à travers 3 pays des Alpes, au pied du Mont Blanc! Ca y est c’est fait, je suis finisher de mon premier ultra de plus de 100km et en semi-autonomie. C’est génial ! Une tape dans la main du speaker, un petit passage par le stand de collation, la polaire finisher en main, un petit coucou à la web cam en ligne et j’attends impatient Sébastien qui en finit à son tour, très heureux, à un petit quart d’heure. Nous attendrons ensuite Antoine qui, malgré le peu de préparation de cette saison, finit à 1h20 en bon état.

Nous rentrons pour quelques heures de sommeil à l’hôtel, puis repartons en fin de journée de samedi manger une bonne fondue, boire quelques bières et assister aux arrivées des premiers de l’UTMB qui franchissent au son de Vangelis la ligne de fin. A chaque fois, on a l’impression que Christophe Colomb débarque au coin de la rue… Au passage, nous nous sommes renseignés sur la course de Cécile qui devrait à ce moment finir le dimanche matin au courage. Avec Pascal et Ombeline Blanc, nous saluons l’arrivée de Freddy Thévenin 50ème à quelques minutes de la star américaine Krupicka, véritable légende vivante du trail running, au look incroyable.
Nous quittons Chamonix dimanche midi après une dernière bière face au Brévent en compagnie de Jérémie, un ami ch´ti exile en haute Savoie. Dernier au revoir à l’Aiguille du midi et au sommet du Mont Blanc sous un superbe soleil. Mission accomplie, aventure terminée et place à la récupération avant d’enchaîner sur le Trail de Bourbon dans 8 semaines !


Lefebvre Thibaut   

| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 |     Suivant


Accès aux membres    Réalisé par CASE22